Un peuple mis à part

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LE RÉCIT CONCERNANT LES ISRAÉLITES, le roi Balak et Balaam, consigné dans les chapitres 22 à 24 du livre des Nombres, est fascinant. Il s’apparente à des montagnes russes, avec des sommets vertigineux et des moments de creux, emplis de petits détails et porteurs de messages puissants. Ce qui rend l’histoire encore plus captivante, c’est que ces évènements, bien qu’anciens, véhiculent un message fort qui nous interpelle directement aujourd’hui.
Il est important de comprendre le contexte dans lequel ce récit s’inscrit. Les évènements relatés dans les chapitres 22 et 24 du livre des Nombres se sont déroulés en 1407 av. J.-C., alors que les Israélites campaient face à Jéricho, quelques mois seulement avant leur entrée définitive dans la Terre promise. Ils venaient de vaincre les rois Amoréens, Sihon et Og. Durant quarante ans, ils avaient été témoins de la puissance miraculeuse de Dieu, qui avait libéré son peuple, Israël, de l’esclavage en Égypte avant de le conduire à travers le désert vers la terre qu’il avait choisie pour lui.
Des générations plus tard, le roi David nous a donné un aperçu de la puissance redoutable de Dieu au cours de ce cheminement : « Que tu es donc grand, Éternel Dieu ! ; car nul n’est semblable à toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi, d’après tout ce que nous avons entendu de nos oreilles. Est-il sur la terre, une seule nation qui soit comme ton peuple, comme Israël, que Dieu est venu racheter pour en former son peuple, pour se faire un nom et pour accomplir en sa faveur, en faveur de ton pays, des miracles et des prodiges en chassant devant ton peuple, que tu as racheté d’Égypte, des nations et leurs dieux ? » (2 Samuel 7.22-23, emphase ajoutée).

Avec le recul que nous offre l’histoire, il est difficile de croire que le Créateur de toutes choses ait eu besoin de se faire un nom ; pourtant, c’est précisément ce qui était nécessaire à l’époque. Lors de sa première rencontre avec Moïse, Pharaon déclara : « Qui est l’Éternel, pour que j’obéisse à sa voix en laissant aller Israël ? Je ne connais point l’Éternel et je ne laisserai point aller Israël » (Exode 5.2b, emphase ajoutée). Dix plaies plus tard, Pharaon avait changé de ton. Sa rencontre avec le Dieu d’Israël l’avait si profondément transformé qu’il demanda à Moïse « de le bénir lui aussi » (Exode 12.32).
Le cantique de Moïse, entonné après que Dieu ait délivré les Israélites en ouvrant les eaux, donne un aperçu de la manière dont Dieu se faisait un nom dans la région : « Les peuples l’apprennent et ils tremblent ; la terreur s’empare des Philistins. Les chefs d’Édom s’épouvantent ; un tremblement saisit les guerriers de Moab ; tous les habitants de Canaan tombent en défaillance. La crainte et la frayeur les surprendront. Par la grandeur de ton bras, ils deviendront muets comme une pierre, jusqu’à ce que ton peuple soit passé, ô Éternel ! Jusqu’à ce qu’il soit passé le peuple que tu as acquis » (Exode 15.14-16 ; emphase ajoutée). Le langage employé montre clairement que le nom puissant de Dieu provoquait un véritable bouleversement émotionnel dans la région. Le témoignage de Rahab auprès des espions à Jéricho le confirme : « Nous l’avons appris, et nous avons perdu courage, et tous nos esprits sont abattus à votre aspect ; car c’est l’Éternel, votre Dieu, qui est Dieu en haut dans les cieux et en bas sur la terre. » (Josué 2.11).
Entrée de Balak et de Balaam
C’est dans ce contexte de terreur envers le Dieu d’Israël que nous rencontrons le roi Balak et le devin Balaam. Ils comprenaient que ce n’était pas la puissance militaire des Israélites qui les soutenait et leur donnait la victoire, mais la main de leur Dieu. Leur stratégie de conquête militaire consistait donc à priver les Israélites de la main de Dieu. Balaam, qui puisait sa force à d’autres sources spirituelles, reconnaissait même la puissance supérieure du Dieu d’Israël.
Le complot de Balak et Balaam se déroulait sur fond d’émergence spectaculaire du peuple élu de Dieu, une transformation d’esclaves opprimés en un peuple unifié dont le Dieu inspirait la crainte dans toute la région. Le prophète Jérémie nota plus tard que la délivrance d’Israël de l’esclavage a prouvé que leur Dieu était un « Dieu vivant » (Jér. 10:10), un thème de la rédemption qui demeure central dans la liturgie juive comme chrétienne aujourd’hui. Pourtant, Jérémie a déclaré qu’un signe de la puissance divine, plus grand encore, éclipserait un jour l’Exode : le rassemblement par Dieu de son peuple, depuis toutes les nations, pour le ramener vers sa Terre promise. Le message ultime demeure inchangé : « Le Dieu d’Israël est un Dieu vivant. »
Balak et Balaam ont leurs équivalents modernes. Aujourd’hui, les nations hostiles et les organismes internationaux comme l’ONU investissent de vastes ressources tentant d’isoler et de maudire Israël. De même, les théologiens des entités telles que le Conseil œcuménique des Églises s’efforcent de soustraire la main de Dieu du rassemblement moderne du peuple juif, niant Son rôle souverain dans leur retour. Pourtant, tout comme les tentatives de Balaam de maudire Israël a finalement échoué contre le Dieu vivant d’Israël, aucun pouvoir moderne ne peut annuler la promesse d’alliance de Celui qui amène son peuple à la maison.

Le véritable Israël face à l’Israël virtuel
Chaque fois que Balaam se préparait à maudire Israël, il dressait des autels, offrait des sacrifices et recourait aux présages ainsi qu’à la sorcellerie. Il est intéressant de noter que, lors des deux premières tentatives, Balak contrôlait soigneusement ce que Balaam pouvait voir. La première fois, Balaam fut placé de telle sorte qu’il ne voyait qu’« une partie du peuple » (Nombres 22:41b). Lors de la seconde, on lui en montra encore moins : il fut conduit à un point d’observation d’où il ne pouvait voir « que l’extrémité du peuple, sans le voir en entier » (Nombres 23:13b - Darby).
La fourberie de la stratégie de Balak apparut au grand jour lors de la troisième tentative. Cette fois, Balaam délaissa ses présages et vit le campement d’Israël dans sa totalité. L’Écriture rapporte : « Balaam leva les yeux et vit Israël campé selon ses tribus. Alors l’Esprit de Dieu fut sur lui. » (Nombres 24:2).
Balak a choisi sa stratégie avec soin. Il savait qu’en dissimulant une partie de la réalité à Balaam, il pourrait le pousser par la ruse à maudire Israël. Aujourd’hui, nous reconnaissons cette tactique comme une forme de manipulation médiatique, consistant à présenter une facette choisie de la réalité pour façonner un récit trompeur.
Depuis la renaissance d’Israël en 1948, ses ennemis ont recours à cette tactique précise : présenter un « Israël virtuel » manipulé afin de fausser la perception mondiale et d’influencer la politique internationale. Cet Israël virtuel se construit sur une histoire réécrite, un vocabulaire partial et une imagerie manipulée. Il instrumentalise des termes à forte charge émotionnelle tels qu’apartheid, génocide, occupation et nettoyage ethnique, tout en cherchant à effacer le lien millénaire unissant le peuple juif à cette terre. À travers des campagnes comme le BDS, la propagande sur les réseaux sociaux et la diabolisation des chrétiens sionistes, son objectif ultime est d’isoler Israël pour en faire un État paria.
Le seul antidote à cet Israël virtuel est la confrontation avec l’Israël réel. C’est pourquoi les militants anti-Israël s’efforcent sans relâche de réduire au silence les voix israéliennes authentiques à l’étranger et d’empêcher les gens de découvrir le pays par eux-mêmes. Tragiquement, ceux qui osent franchir le fossé séparant l’Israël virtuel de la réalité s’exposent souvent à la moquerie immédiate, au boycottage et à l’ostracisme.
Les trois déclarations de Dieu
Bien que les adversaires modernes continuent de construire un faux Israël virtuel, cette tactique est loin d’être nouvelle. Son plan a été dessiné il y a des milliers d’années dans les plaines de Moab. Pourtant, tout comme Balak a manipulé le point de vue pour créer une illusion propice à une malédiction, Dieu est intervenu à maintes reprises pour briser la supercherie. Chaque fois que Balaam ouvrait la bouche pour maudire, Dieu contrait ses paroles et l’inverse se produisait. Examinons les trois déclarations que le devin a fini par prononcer, ainsi que la manière dont elles reflètent la situation de l’Israël moderne aujourd’hui.

Déclaration 1 : Un peuple mis à part
« Je le vois du sommet des rochers, je le contemple du haut des collines ; c’est un peuple qui a sa demeure à part et qui ne fait point partie des nations. » (Nombres 23:9).
Dans le Lévitique (chapitre 18), Dieu a averti Israël de ne pas imiter les usages de l’Égypte, qu’il avait laissée derrière lui, ni celles des Cananéens, qu’il trouverait devant lui, ordonnant : « Vous pratiquerez mes ordonnances et vous observerez mes lois. » (Lévitique 18:4). Manquer à ce devoir attirerait le jugement de Dieu et amènerait le pays à les rejeter (Lévitique 18:28). Huit-cents ans plus tard, Israël a provoqué la colère divine en s’alignant sur les nations environnantes (Ézéchiel 11:12), ce qui a entrainé son exil hors du pays (Ézéchiel 11:16).
Aujourd’hui, Israël demeure singulièrement mis à part, pris pour cible et jugé par des instances internationales telles que l’ONU, selon deux poids, deux mesures qui ne sont appliquées à aucun autre pays. Alors que les autres nations règlent leurs différends par une diplomatie discrète, l’attention mondiale portée à Israël est bruyante, passionnelle et incessante.
Déclaration 2 : Une alliance indéfectible
« Dieu n’est point un homme pour mentir ni fils d’un homme pour se repentir. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas ? Ce qu’il a déclaré, ne l’accomplira-t-il pas ? Voici, j’ai reçu l’ordre de bénir : Il a béni, je ne le révoquerai point. » (Nombres 23:19-20).
C’est le langage de l’alliance, une promesse sacrée et irrévocable, initiée lorsque Abraham, dans un acte d’obéissance, quitta tout ce qui lui était familier pour se rendre dans le pays que Dieu lui montrait (Genèse 12:1). Dieu a scellé cette alliance de manière inconditionnelle, passant entre les morceaux des animaux sacrifiés sous la forme d’une torche enflammée dans les ténèbres (Genèse 15:17). Dieu faisait nettement comprendre à Balaam que sa promesse de bénir Israël ne pourrait jamais être révoquée.
L’apôtre Paul se fait l’écho de cette vérité inébranlable concernant le peuple juif lorsqu’il demande : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11:1) et « Est-ce pour tomber qu’ils ont bronché ? Loin de là ! » (Romains 11:11). Paul a répondu par un « Loin de là ! » catégorique, car la nature même de Dieu lui interdit de rompre une alliance inconditionnelle. Si Dieu pouvait changer d’avis au sujet d’Israël, aucune de ses autres promesses ne serait digne de confiance. Par conséquent, la théologie du remplacement, la théologie de l’accomplissement ou toute affirmation selon laquelle Dieu en aurait fini avec Israël constituent une impossibilité théologique.
Déclaration 3 : Un destin divin
Lorsque Balaam contempla tout Israël campé autour du Tabernacle, ses yeux s’ouvrirent et, par l’Esprit de Dieu, il déclara : « Parole de celui qui entend les paroles de Dieu, de celui qui voit la vision du Tout-Puissant, de celui qui se prosterne, mais dont les yeux s’ouvrent : Qu’elles sont belles, tes tentes, ô Jacob ! Tes demeures, ô Israël ! Elles s’étendent comme des vallées, comme des jardins près d’un fleuve, comme des aloès que l’Éternel a plantés, comme des cèdres le long des eaux. » (Nombres 24:4-6).
D’un point de vue purement humain, il s’agissait du même Israël qui avait murmuré pour réclamer de la viande, s’était rebellé contre l’autorité de Moïse, avait érigé le veau d’or au Sinaï et avait reculé de peur lorsque les dix espions avaient rapporté un compte rendu empreint d’incrédulité. Toutefois, lorsque Dieu regardait leur campement, Il y voyait la vie, et la vie en abondance. Le regard de Dieu allait au-delà de leurs fragilités passagères pour contempler leur destinée divine et leur identité fondée sur l’alliance.
Voir Israël à travers les yeux de Dieu
Cette perspective divine demeure essentielle aujourd’hui. Que voyez-vous lorsque vous regardez au-delà des gros titres sensationnalistes, de l’hostilité politique et d’une couverture médiatique partiale ?
Si vous laissez Dieu orienter votre regard, vous verrez une nation miraculeusement restaurée, mise à part de manière unique et inlassablement poursuivie par les bénédictions de Son alliance (Deutéronome 28:2). La propagande moderne tente de piéger le monde dans une image trompeuse et instantanée d’un Israël virtuel, mais Dieu appelle les croyants à voir plus loin et à aligner leur cœur sur Sa Parole éternelle.
Ne vous contentez pas du récit déformé, conçu pour isoler et maudire. Venez à la rencontre du véritable Israël, l’Israël de Dieu. En parcourant cette terre et en vous tenant aux côtés de son peuple, vous verrez Bridges for Peace (Ponts pour la Paix) œuvrer auprès de cette nation mise à part, confirmer sa vocation et témoigner de la vie que le Dieu d’Israël continue de répandre sur le peuple de Son alliance.
BIBLIOGRAPHIE :
“Timeline of the Bible.” (Chronologie de la Bible) Bibeltext. https://www.bibeltext.com/timeline/.
“Balaam Teaches the Theology of Blessings for Israel: A Biblical Study of Numbers 22–24.” (Balaam enseigne la théologie de la bénédiction pour Israël : une étude biblique de Nombres 22–24) Bible Truths. Balaam https://bibletruths.org/balaam-teaches-the-theology-of-blessings-for-israel-a-biblical-study-of-numbers-22-24/
Les passages bibliques sont tirés de la Bible Segond 1910 sauf indication contraire.
Traduit de l’anglais par Diane Fortin
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