Yahalom : les guerriers souterrains d'Israël

Nous avons tous entendu parler des tunnels terroristes du Hamas, ce réseau qui s'étend sur d'innombrables kilomètres sous les quartiers, les mosquées et les hôpitaux de Gaza. Nous savons aussi que l'armée israélienne en a dégagé et détruit un grand nombre. Mais qui sont ces héros qui descendent dans ces enfers souterrains pour défendre les citoyens d'Israël ? Le terme universellement employé pour désigner les soldats dévoués à qui revient cette tâche peu enviable est celui de « rat des tunnels ». Les Israéliens, eux, les honorent du titre de samour, qui signifie « belette ».
Les tailleurs de diamants
Tsahal est la seule armée à disposer d'une organisation de la taille d'une brigade entièrement consacrée au dégagement et à la destruction des tunnels ennemis. Baptisée Yahalom (« diamant »), cette unité d'opérations spéciales ne se contente pas de combattre sous terre : elle équipe ses hommes, mène des recherches et met au point de nouvelles technologies et tactiques adaptées à cette forme de guerre hautement spécialisée. Comme toujours, ce qu'Israël apprend par nécessité de survie, il le partage avec ses alliés afin de renforcer leur capacité à conserver la supériorité dans un espace de combat asymétrique.
À Gaza, Tsahal a besoin d'un tel degré d'ingéniosité, de sophistication et de bravoure pour affronter un ennemi qui a consacré plus de 15 ans à aménager l'infrastructure souterraine de toute la bande de Gaza en vue de la guerre. Surnommé le « métro de Gaza » et ayant coûté plus d'un milliard de dollars américains, ce complexe élaboré comprend 400 milles (1 126 km) de tunnels, avec des bunkers de commandement situés à des profondeurs allant de juste sous la chaussée jusqu'à 70 mètres. L'accès se fait par des puits — plus de cinq mille — habilement dissimulés sous les bâtiments de Gaza, dont le Hamas utilise les habitants comme boucliers humains.

Les guerriers de Yahalom qui plongent dans ces puits obscurs sont spécialement entraînés à la guerre souterraine, à la démolition et aux opérations commando. Leurs missions de combat vont du sabotage au désamorçage de pièges explosifs. Les Belettes recourent à des technologies de pointe, notamment des robots et des drones télécommandés, afin de réduire les risques humains tout en relevant le redoutable défi que représentent les tunnels du Hamas.
Des bottes sous terre
John Spencer, titulaire de la chaire d'études sur la guerre urbaine au Modern War Institute (États-Unis) et codirecteur de l'Urban Warfare Project de cet institut, nous invite à mesurer la complexité à laquelle ces Belettes sont confrontées lorsqu'elles opèrent dans les profondeurs de Gaza : « Les soldats ont besoin d'un équipement spécial pour respirer, voir, communiquer, s'orienter, franchir des obstacles et même tirer sous terre. Presque tout leur équipement militaire standard, conçu pour la surface, cesse de fonctionner dès qu'ils pénètrent dans le sous-sol. Les technologies qui reposent sur la ligne de visée ou sur les satellites — notamment la navigation, les communications et les drones — deviennent inutiles. Les lunettes de vision nocturne qui dépendent uniquement de la lumière ambiante ne fonctionnent pas dans un environnement qui en est totalement dépourvu. L'explosion d'une arme ou d'une charge dans un espace souterrain clos peut provoquer des surpressions et des lésions dues au souffle, au point qu'il devient dangereux de faire feu avec une arme individuelle si le soldat ne porte pas l'équipement de protection adéquat. »

Nous pourrions nous demander : « Pourquoi envoyer des soldats dans ces pièges mortels ? L'armée de l'air ne peut-elle pas simplement les bombarder d'en haut ? » Les choses ne sont pourtant pas aussi simples. D'abord, il y a des vies à sauver : celles des otages israéliens détenus sous terre jusqu'à récemment, mais aussi celles des non-combattants gazaouis qui vivent en surface. Ensuite, même les munitions à pénétration ne peuvent atteindre les profondeurs où sont enfouis les centres de commandement et de contrôle du Hamas. Enfin, il faut recueillir des renseignements vitaux pour mieux comprendre les intentions de l'ennemi et le priver de son prochain succès opérationnel. Malgré toute la haute technologie de la guerre moderne, les bombes larguées du ciel n'accompliront jamais ce que seules des bottes sur le terrain — ou plus exactement, sous le terrain — peuvent accomplir.
Des rats et des chiens
Les Belettes, si estimées en Israël, sont les héritières des célèbres Tunnel Rats américains de la guerre du Viêt Nam, dans les années 1960. Des décennies de combats entre les Français et le Viêt-minh avaient eu pour résultat qu'au moment où les États-Unis ont intensifié leur présence, des kilomètres de tunnels permettaient déjà au Viêt-cong de lancer des embuscades. Bien sûr, il ne s'agissait pas des galeries renforcées de béton du Hamas, mais plutôt de boyaux de terre friable où un seul homme à la fois pouvait se faufiler. Les petites unités d'infanterie recouraient à une sorte de tirage au sort informel pour désigner le « chanceux » qui devait ôter sa chemise et descendre sous terre. Comme si affronter le Viêt-cong sur son propre terrain n'était pas assez dangereux, le Tunnel Rat ainsi « choisi », armé seulement d'un pistolet (ou d'un couteau) et d'une lampe de poche, devait ramper dans une succession de tunnels extrêmement étroits pour acculer son ennemi, en esquivant tout au long du parcours de redoutables pièges.

Heureusement, les Belettes d'Israël sont bien mieux organisées et équipées que leurs prédécesseurs du Viêt Nam, mais c'est là une nécessité imposée par la complexité de la guerre souterraine que le Hamas a perfectionnée.
Les hommes ne sont pas les seuls à opérer dans cet espace de combat d'une extrême complexité. Tsahal dispose également d'un solide programme de chiens militaires, l'unité Oketz (« dard »), qui compte des chiens spécialement dressés pour intervenir dans les espaces souterrains. Cela exige une autre qualité exceptionnelle chez le soldat : la capacité de dresser un chien à partir au combat et à accomplir sa mission sans se soucier de ses propres besoins. Un lien très personnel unit nécessairement le chien et son maître. Et pourtant, le soldat doit être prêt à envoyer ce courageux chien de service à la mort si cela s'avère nécessaire pour appréhender l'ennemi ou sauver des vies. Ces « compagnons d'armes » sont souvent si proches que, si le chien vient à mourir, le soldat doit faire le deuil de son fidèle ami. Gardons à l'esprit que les pertes de vies israéliennes, qu'elles soient humaines ou animales, témoignent de l'engagement de Tsahal à réduire au minimum les pertes civiles palestiniennes.

Prêt à descendre sous terre ?
Avez-vous l'étoffe d'une Belette ? Probablement pas ! Pour être admis dans Yahalom, un jeune homme doit rejoindre le Corps du génie de l'armée israélienne et suivre la formation de base, au cours de laquelle les commandants repèrent les meilleurs éléments et les sélectionnent pour le gibbush, un test exténuant de cinq jours qui évalue la préparation physique et mentale au moyen d'intenses exercices sur le terrain. Ceux qui s'y distinguent le plus sont invités à rejoindre Yahalom pour y recevoir une formation avancée pendant une année supplémentaire. Les volontaires doivent accepter de servir un an de plus, en sus du service obligatoire de trois ans dans Tsahal. La formation comprend le génie, la neutralisation des engins explosifs, des techniques de combat avancées et l'entraînement antiterroriste.
Nous n'avons peut-être pas l'étoffe nécessaire pour combattre comme une Belette, mais, en tant que chrétiens, nous savons que nous avons nous aussi un combat à mener avec les armes de l'Esprit : « Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance de Christ » (2 Corinthiens 10:4-5). Pour une application immédiate de ce passage, nous, chrétiens, devrions nous engager dans le combat spirituel pour Israël par une prière fervente, avec l'abnégation d'un guerrier — et même d'une Belette sous terre!
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