Dépêche de Jérusalem

Israël, le lieu sûr pour les Juifs

Par Kate Norman

Israël est-il l'endroit le plus sûr où les Juifs puissent vivre — surtout après plus de deux années de guerre contre le Hamas et la menace constante d'attaques sur plusieurs fronts de la part des groupes terroristes à la solde de l'Iran — ou la vie juive est-elle plus en sécurité ailleurs ?

Aux yeux d'un Occidental non juif qui regarde les informations ou fait défiler les réseaux sociaux, Israël peut sembler dangereusement instable, marqué par les guerres, le terrorisme et les conflits régionaux. Pourtant, cette Terre est la patrie ancestrale que Dieu a donnée au peuple juif (Genèse 12:7 ; 15:18 ; 17:8 ; 26:3 ; 28:13 ; Josué 1:4 ; Deutéronome 30:4-5). La question n'est donc pas de savoir si Israël est dangereux, mais si les Juifs y sont plus en sécurité que partout ailleurs.

Ici ou ailleurs

Le peuple juif a payé un lourd tribut pour vivre sur la terre de ses ancêtres. Depuis 1860, lorsque des pionniers juifs ont commencé à bâtir des communautés au-delà des remparts protecteurs de Jérusalem, environ 25 420 soldats, policiers et membres des forces de sécurité ont perdu la vie en défendant la Terre. Si l'on inclut les civils, le bilan total des guerres et des attentats terroristes depuis 1851 s'élève à 30 649 morts, selon la Jewish Virtual Library.

(Crédit photo : Steve-Travelguide/shutterstock.com)

Mais combien de Juifs sont morts hors d'Israël depuis 1860 ? Ce nombre est impossible à calculer, mais il dépasse de loin six millions.

La Diaspora juive (la population juive vivant hors d'Israël) a été prise pour cible à maintes reprises : six millions de personnes assassinées pendant la Shoah, des milliers de victimes des pogromes en Europe de l'Est à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, et d'innombrables victimes de la terreur antisémite contemporaine.

Il suffit de se tourner vers Bondi Beach, en Australie, le premier soir de Hanoukka, en décembre 2025, lorsqu'un père et son fils islamistes ont ouvert le feu sur une célébration publique de Hanoukka, tuant 14 personnes et en blessant 40 autres. Parmi les morts figuraient une fillette de 10 ans et un survivant de la Shoah.

Cette attaque n'a pas eu lieu dans une zone de guerre, mais sur une plage touristique très fréquentée, où la communauté juive locale s'était réunie pour une célébration annuelle — preuve que même les célébrations juives pacifiques, loin d'Israël, sont de plus en plus vulnérables.

La guerre chez soi, la violence à l'étranger

Israël fait face à des guerres successives et à une hostilité persistante depuis sa renaissance en 1948. Les pertes sont tragiquement inévitables en temps de guerre, et Israël — le seul État juif au monde — a été la cible de ses voisins arabes tout au long des décennies de son histoire moderne. Mais cette réalité est-elle moins sûre que celle de Juifs attaqués pendant qu'ils prient, font leurs courses dans des épiceries casher ou célèbrent publiquement leurs fêtes ?

La réalité glaçante, c'est que le danger s'accroît partout dans le monde. Des attaques antisémites ont frappé des synagogues, des quartiers juifs et des événements communautaires aux quatre coins du globe. Une liste récente comprend le massacre de la synagogue de Pittsburgh en 2018 ; la fusillade dans une synagogue en Californie en 2019 ; l'attaque d'une épicerie casher à Jersey City en 2019 ; l'attaque d'une synagogue en Allemagne, également en 2019 ; le passage à tabac mortel d'un homme juif par des manifestants propalestiniens en Californie en 2023, et l'attaque d'une synagogue en Tunisie par un policier en 2023. Rien que l'an dernier, il y a eu l'attaque à la bombe incendiaire contre une marche pro-israélienne à Boulder, au Colorado ; le meurtre par balle de deux employés de l'ambassade d'Israël à Washington en 2025, et l'attentat de Yom Kippour contre la synagogue de Manchester en 2025.

L'antisémitisme en chiffres

Les chiffres sont stupéfiants. En 2024, l'Anti-Defamation League (ADL) a recensé 9 354 incidents antisémites, un record, soit une hausse de 5 % par rapport à l'année précédente. Depuis le 7 octobre 2023, plusieurs pays, dont l'Australie, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Argentine, ont signalé des hausses spectaculaires.

(Crédit photo : Steve-Travelguide/shutterstock.com)

L'ADL a fait état d'une augmentation de 738 % des incidents antisémites en Australie en 2024 ; d'un bond de 1 244 % au Danemark en 2023 ; d'une flambée de 1000 % en France entre le 1er octobre et le 21 décembre 2023 par rapport aux mois précédents ; d'une hausse de 95 % en Allemagne en 2023 ; d'une augmentation de 600 % en Argentine en janvier 2024 par rapport à janvier 2023, et d'un nombre record de 4 103 incidents au Royaume-Uni en 2023. Ces incidents vont du vandalisme et du harcèlement jusqu'à la violence pure et simple.

Une sécurité conditionnelle dans la Diaspora

Il existe, hors d'Israël, des îlots de relative sécurité. La Hongrie, par exemple, a interdit les manifestations pro-Hamas et connaît un faible niveau de violence antisémite. D'autres pays sont souvent considérés comme sûrs pour les Juifs, notamment Taïwan, le Panama et le Mexique. Même les États-Unis comptent des zones de relative sécurité — en particulier les grands centres de population juive comme New York et Los Angeles —, bien que, ces dernières années, la sécurité qu'offrait autrefois le nombre se soit effondrée dans ces villes, les communautés juives étant devenues la cible de la haine antijuive. Même dans des havres comme la Hongrie ou le Panama, cette sécurité dépend fortement des dirigeants politiques et d'une protection extérieure.

Seul Israël offre ce qu'aucun autre pays ne peut offrir : la capacité des Juifs à assurer eux-mêmes leur défense.

Un retour au pays

Face à la montée mondiale de l'antisémitisme, les statistiques de l'alyah (l'immigration en Israël) sont révélatrices. En 2025, Israël a accueilli 21 900 nouveaux immigrants venus de plus de 100 pays. Dans l'ensemble, l'immigration a reculé d'un tiers en raison de la baisse des départs depuis la Russie, mais les pays occidentaux où l'antisémitisme a flambé ont également vu l'émigration juive vers la patrie ancestrale augmenter fortement. L'alyah en provenance des pays occidentaux a nettement progressé : hausse de 45 % depuis la France, de 20 % depuis le Royaume-Uni et de 12 % pour les États-Unis et le Canada réunis — le total nord-américain le plus élevé en quatre ans.

(Crédit photo : Brendt-A-Petersen/shutterstock.com)

L'opinion publique en Israël reflète cette tendance. Un sondage réalisé en janvier par l'Israel Democracy Institute (Institut israélien pour la démocratie) a révélé que 76 % des Juifs israéliens estiment qu'Israël est plus sûr pour les Juifs que les autres pays, même après des années de guerre et dans un contexte de montée de l'antisémitisme mondial. Un autre sondage, mené chaque année par le Center for Jewish Impact, demande aux Juifs israéliens si Israël est l'endroit le plus sûr pour les Juifs. En 2020, 76 % ont répondu oui. En 2022, ils étaient 82 %, et en décembre 2023 — quelques mois à peine après l'horrible massacre perpétré par le Hamas —, 87 % ont répondu par l'affirmative.

Après l'attaque de Bondi Beach, le premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré que « l'endroit le plus sûr au monde pour le peuple juif est celui où le gouvernement, l'armée et les forces de sécurité le défendront — c'est-à-dire, d'abord et avant tout, l'État d'Israël, car nous nous défendons nous-mêmes… »

En définitive

Si le nombre de victimes en Israël reflète le lourd tribut de la guerre, la vie juive ailleurs est de plus en plus marquée par la peur et l'incertitude. Partout dans le monde, les Juifs regardent par-dessus leur épaule, surtout lorsqu'ils portent des signes visibles de leur foi ou se rassemblent dans des lieux juifs. En Israël, les menaces sont réelles, mais la détermination à y faire face ensemble l'est tout autant : celle d'une nation qui défend son propre peuple. C'est le seul endroit au monde où les Juifs peuvent vivre ouvertement et en sécurité en tant que Juifs, non par tolérance, par faveur politique ou sous la protection d'autrui, mais parce qu'ils sont chez eux.

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